INCIDENCES ET RETENTISSEMENTS DE LA SURDITE

Développement cognitif : évolution de grandes fonctions comme l’intelligence, la mémoire, le langage, la numération, etc.

Les conséquences dépendent :

De l’importance de la surdité,
De l’âge d’apparition,
Du milieu familial,
Des potentialités intellectuelles de l'enfant,
De la prise en charge.

Les surdités non corrigées entraînent souvent des conséquences physiques et sociales telles que : vertiges, fatigue, maux de tête, isolement, difficulté de communication, voire troubles du comportement et de la personnalité.

L’adulte qui a perdu l’ouïe après avoir acquis le langage, va conserver son niveau intellectuel, la plupart de ses capacités, et pour lui l’exclusion progressive est finalement la conséquence plus grave qu’il ait à redouter.

Chez l’enfant qui a perdu l’ouïe avant d’avoir acquis le langage, les conséquences se font sentir dans plusieurs directions :

retard de langage,
mauvaise articulation,
pauvreté du vocabulaire,
mauvaise compétence dans le maniement de la langue écrite et parlée
accès difficile du fait de l'isolement sensoriel,

Dans les surdités profondes, il peut y avoir de l'illettrisme et mutisme.

Langage

Chez l'adulte devenu sourd : (C'est plus une histoire d'audition que de langage)

"Devenir sourd fait vivre cruellement l'absence de lien authentique avec soi et l'environnement" (6 millions de malentendants, n°3, p.12). La surdité́ acquise est considérée comme un traumatisme par ceux qui en font l'expérience. Elle peut mener à l'isolement par manque de compréhension.

Chez l'enfant sourd :

En grandissant, l’enfant entendant acquiert la parole, par imitation.
L’enfant sourd, lui, comprend les situations et arrive à se faire comprendre par des gestes simples, des mimiques sur lesquels il finira par mettre des mots (apprentissage des signifiants-signifiés).
Cependant, la structure grammaticale et syntaxique du langage consistera pour l’enfant sourd en un apprentissage et il lui faudra donc beaucoup plus de temps que l’enfant entendant pour émettre des phrases.

Facteurs intrinsèques

Age d'apparition de la surdité
Type de surdité
Degré de surdité
Courbe audiométrique
Efficacité de l'adaptation prothétique auditive
Caractère évolutif ou non de la surdité
Caractère unilatéral ou bilatéral de la surdité
Facteurs extrinsèques

Potentialités intellectuelles de l'enfant sourd
Prise en charge adaptée de l'enfant sourd
Stimulations environnementales adaptées

Voix et articulation

Chez l'adulte devenu sourd :

Garder le contrôle de sa voix. La voix de la personne s'altère sans qu'elle puisse s'en rendre compte. L'adulte devenu sourd ou malentendant doit apprendre à contrôler à la fois sa voix et son volume ainsi qu'à maitriser son articulation qui peut se détériorer avec la déficience auditive.

Continuer d'intégrer un vocabulaire usuel. (La principale source d'acquisition du vocabulaire courant est la source orale. La personne devenue sourde ou malentendante doit acquérir le vocabulaire récemment introduit dans la langue. Ceci est particulièrement important lorsque la perte auditive est installée depuis longtemps.

Compenser ses efforts de compréhension (les efforts de compréhension entraînent un surcoût au niveau de l'attention). Du fait de la perte d'audition, l'attention est principalement mobilisée par l'écoute et la compréhension. La mémorisation de ce qui est entendu et le raisonnement sont alors plus difficiles. Un entraînement spécifique est généralement nécessaire.

Chez l'enfant sourd :

Le manque de contrôle audio phonatoire de l’enfant sourd peut entraîner des nasalisations. Le contrôle du timbre et de la hauteur de la voix est imparfait chez l'enfant sourd.

La réception de la parole par l’enfant sourd est plus ou moins altérée selon son degré́ de surdité́. L’enfant atteint de surdité́ sévère ou profonde ne peut pas s’imprégner spontanément de la langue orale.

Le développement du langage oral nécessite beaucoup de temps. L’enfant aura besoin de sa famille, des échanges avec ses camarades, de son environnement scolaire et des professionnels.
Grâce à une prise en charge orthophonique régulière et de longue durée, l’enfant apprend à s’entendre parler (contrôle audio phonatoire*), à travailler son articulation, sa voix, sa parole, à enrichir son vocabulaire et structurer sa langue.
La qualité́ de l’articulation est moins bonne en cas de surdité́ profonde, mais un appareillage ou une implantation cochléaire précoce peut permettre d’améliorer la qualité́ de la parole.

La parole n’est pas le seul moyen d’expression possible. Un enfant né ou devenu sourd très jeune peut s’approprier facile- ment un moyen de représentation et de communication sous forme de gestes

- La lecture labiale est un complément indispensable dans toutes les situations de perte auditive. Cependant, même si elle est le seul moyen utilisable dans les surdités profondes où l’implant n’est pas possible, elle est insuffisante à assurer une bonne compréhension du message.
Lire sur les lèvres, c’est saisir et comprendre le langage oral en regardant les mouvements des lèvres et le visage de l’interlocuteur.
La saisie du message est rendue difficile par ce que l'on appelle des sosies labiaux, c’est-à- dire des phonèmes qui se prononcent de la même manière. L’alphabet labial se réduit à quelques phonèmes, entre 6 et 12 selon les auteurs, alors que l’alphabet vocal en a 36 ou 37 selon les auteurs. On ne peut donc pas faire une identification précise.

- La langue des signes est une langue vivante et complexe. Comme toute langue, elle évolue. Elle possède une pleine capacité́ d’expression et d’abstraction. Elle permet donc la transmission de savoirs, d’où sa légitimité́ éducative.
Elle possède sa propre syntaxe, qui est intimement liée à la perception visuelle, puisque cette langue répond à une logique visuelle et non auditive.
La langue des signes se sert d’un alphabet manuel (dactylologie) pour épeler certains mots de la langue française.
La langue des signes n’est pas une langue universelle : le vocabulaire diffère d’un pays à l’autre.

- Le code LPC permet de visualiser la totalité́ du message oral et de lever ainsi les ambiguïtés de la lecture labiale. Le principe du code LPC consiste à associer à chaque syllabe prononcée un geste de complément effectué par la main près du visage. La combinaison de la forme des doigts (huit configurations représentant les consonnes) et de la place des mains auprès du visage (cinq positions représentant les voyelles) permet une représentation complète de la langue parlée.

Psychologie

Chez l'adulte devenu sourd :

Le discours des personnes sourdes ou malentendantes communiquant le plus souvent à l’oral est souvent empreint d’une grande souffrance psychologique. Aux difficultés de communication au quotidien s’ajoutent des réactions de stigmatisation venant dégrader l’image de soi, voire des violences psychologiques ou physiques. Pour beaucoup, l’isolement qui en découle est renforcé ou produit par le manque d’accessibilité́ de l’environnement.

D’après certains témoignages, quand le niveau de surdité́ est relativement important, toute interaction basée sur l’oral s’avère potentiellement problématique pour soi (et éventuellement pour l’autre). A minima, les personnes ne peuvent plus capter les détails des discussions, leurs subtilités, l’humour, les paroles recueillies à voix basses, celles des enfants trop aigues pour les appareils... Ce qui fait l’authenticité́ de l’échange, sa spontanéité́, n’existe plus. La participation à des situations de groupe (réunions familiales, de travail, cours, formations, activités de loisirs...) est freinée par la fatigue occasionnée par les difficultés de concentration et dans la mesure où l’appareillage y trouve ses limites. L'invisibilité de ce handicap rend plus difficile la connaissance des conséquences sur la communication et le fonctionnement émotionnel et psychosocial.

Chez l'enfant sourd :

L’enfant sourd est souvent vulnérable, impulsif et peut s’adonner à des colères violentes qui peuvent être dues au simple fait de se voir incompris, mais aussi à une décharge d’angoisse en cas de surprise par exemple. Il ne faut pas oublier que l’enfant sourd doit suppléer à son manque auditif par la vision qui ne compense pas complètement la fonction d’alerte, c’est pourquoi si une personne arrive rapidement derrière lui et qu’il n’a pas senti sa présence, cela peut engendrer chez lui une véritable panique.
L’enfant peut ainsi devenir « caractériel » ou agressif car il ne comprend pas toujours les réactions de son entourage et ce qu’il perçoit comme des frustrations qu’il et croit être imposées arbitrairement par son environnement. Il peut être maladroit et perdre rapidement confiance en lui. Ce genre d’échecs en situation de communication peut également entraîner une perte de l’estime de soi et une tendance au repli sur soi.

Motricité

Chez l'adulte devenu sourd :

La perte d'audition peut engendrer des troubles de l'équilibre, des nausées, des maux de tête, des acouphènes, des vertiges.

Chez l'enfant sourd :

L’audition a une importance capitale dans le repérage spatial par l’analyse des bruits qui rendent compte des volumes, des dimensions, des mouvements, de la profondeur, du relief...
L’enfant déficient auditif, qui ne dispose pas ou peu de telles informations issues du canal auditif, a effectivement des difficultés à appréhender correctement l’espace, ce qui peut se manifester par un retard psychomoteur et une certaine maladresse (difficultés à coordonner certains mouvements, troubles de l’équilibre...)
De même, les rythmes et la notion de durée sont des éléments habituellement analysés par le système de l’audition, l’enfant sourd perçoit mal la succession des événements ; son appréhension du temps est perturbée. Il est souvent figé, perdu, il a du mal à anticiper.

Facultés intellectuelles et mnésiques

La surdité en elle-même ne retentit pas sur l'intelligence de la personne sourde. Néanmoins, les conséquences directes de la surdité (telles que les troubles ou retard de langage) et un manque de soutien de l’environnement chez l’enfant peuvent rendre difficiles certaines acquisitions.
En effet, l’insuffisance langagière que peut engendrer la surdité entraîne parfois un retard dans le développement cognitif, notamment dans les acquisitions intellectuelles liées à la perception du temps et de l’espace sur le plan du raisonnement et de l’abstraction. L’enfant déficient auditif se sert beaucoup de sa vision pour se souvenir (sa mémoire visuelle est surdéveloppée) en compensation des informations auditives dont il ne dispose pas.

 


PERMANENCES 1er semestre 2017


Espace Associations Usagers
Hall B 3ème étage
de 14h00 à 16h00

Le 2ème mardi de chaque mois
10 janvier

14 mars

9 mai

13 juin

 

Service Orl porte C13
Hall C 3ème étage
de 14h00 à 17h00

Le 3ème vendredi de chaque mois
20 janvier
17 mars
21 avril

 19 mai

 16 juin